Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
18 mai 2009 1 18 /05 /mai /2009 23:32
Certainement la plus grande poétesse portugaise, Florbela Espanca est née dans la région de Alentejo. Ces racines ont certainement eu une grande influence dans sa vie et dans son oeuvre. 

Trois mariages ratés, sources de déceptions et de souffrance,  ont marqué très fortement son oeuvre, sa personnalité et sa vie.

Elle s'est suicidée le jour de son anniversaire, peu de temps avant la publication de celle qui est considérée son oeuvre majeure "Charneca em Flor".

Sa poésie est empreinte de sensualité féminine, de souffrance, de passion, de désir et d'aspiration au bonheur, ce sentiment insaisissable qui lui fait exprimer toute la force de son âme.

Florbela Espanca est considérée comme l'une des plus grandes figures féminines du XXème siècle.

Ci-dessous, les paroles du poème que vous pouvez écouter en chanson soit dans la vidéo Perdidamente (Trovante) ou bien dans la voix de ce jeune chanteur, Bernardo Gavina, preuve que sa poésie est d'actualité et universelle.



Ser Poeta

 

Ser poeta é ser mais alto, é ser maior

Do que os homens! Morder como quem beija!

É ser mendigo e dar como quem seja

Rei do Reino de Áquem e de Além Dor!

 

É ter de mil desejos o esplendor

E não saber sequer que se deseja!

É ter cá dentro um astro que flameja,

É ter garras e asas de condor!

 

É ter fome, é ter sede de Infinito!

Por elmo, as manhãs de oiro e de cetim...

É condensar o mundo num só grito!

 

E é amar-te, assim, perdidamente...

É seres alma, e sangue, e vida em mim

E dizê-lo cantando a toda a gente!

 

(Florbela Espanca. Charneca em Flor. In Poesia Completa (1931).


 
Repost 0
Published by Ti Zé - dans Littérature
commenter cet article
27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 20:51

Fernando Pessoa est né à Lisbonne le 13 juin 1888 et y est décédé le 30 novembre 1935.

A l'âge de cinq ans, il va vire à Durban en  Afrique du Sud où son beau-père est nommé consul. Il y a passé son enfance et son adolescence et y a fait ses études. En décembre 1903, il passe l'examen d'entrée à l'université du Cap et obtient le prix Reine Victoria. Ce fut la première fois que ce prix, destiné à reconnaître les travaux de rédaction, a été attribué à un élève qui n'était pas citoyen britannique.

En 1905, il revient à Lisbonne où il s'inscrit au Cours Supérieur de Lettres qu'il a très peu fréquenté. 

Pessoa est un auteur majeur de la littérature portugaise et mondiale. Homme solitaire, il a créé pas moins de 17 hétéronymes à qui il a donné une vie tellement réelle et des identités tellement distinctes qu'ils en sont venus à échanger du courrier avec leur créateur.
Ce sont Alvaro de Campos, incarne le modernisme et la désillusion, Alberto Caeiro, la nature et la sagesse païenne, Ricardo Reis, l'épicurisme et surtout Bernardo Soares, auteur du livre de l'Intranquilité, le plus proche de Pessoa et qu'il considère comme son semi-hétéronyme.

Prolifique, Pessoa a écrit pour de nombreuses revues littéraires mais a peu publié de livres de son vivant. Mais à sa mort, on a trouvé dans une malle 27543 textes dont on ignorait l'existence. Son oeuvre a été traduite dans un grand nombre de langues y compris le chinois. Bien que anglophone, le portugais restera sa langue de création et il a même affirmé avec force "ma patrie est la langue portugaise".

Son oeuvre littéraire multiple et complexe, du fait de ses nombreux hétéronymes, restera pour beaucoup un cas d'école, que certains appelent "le cas Pessoa".

Le 8 mars 1914, ce fut le jour triomphal de sa vie. Voici comment il en parle :

« Un jour où j'avais finalement renoncé — c'était le 8 mars 1914— je m'approchai d'une haute commode et, prenant une feuille de papier, je me mis à écrire, debout, comme je le fais chaque fois que je peux. Et j'ai écrit trente et quelques poèmes d'affilée, dans une sorte d'extase dont je ne saurai saisir la nature. Ce fut le jour triomphal de ma vie et je ne pourrai en connaître d'autres comme celui-là. Je débutai par un titre : O Guardador de Rebanhos(Le Gardeur de troupeaux). Et ce qui suivit fut l'apparition en moi de quelqu'un, à qui j'ai tout de suite donné le nom d'Alberto Caeiro. Excusez l'absurdité de la phrase : mon maître avait surgi en moi » (lettre reproduite dans Pessoa en personne, José Blanco éd., La Différence, 1986, p. 302).

Le 13 juin 1985, ses restes ont été transférés au Mosteiro dos Jeronimos, où il a rejoint Vasco de Gama et Luis de Camões.




Repost 0
Published by Ti Zé - dans Littérature
commenter cet article
22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 01:18

Dans ces moments de doute et de tourmente pour les catholiques après les déclarations du pape, il est bon de se remettre à lire l'évangile.

Non pas le nouveau testament, mais le livre du prix Nobel de littérature José Saramago, l'une des plumes majeures de la littérature européenne de ces trente dernières années.

Dans ce roman, certainement le plus polémique de l'auteur en raison de la croyance aveugle des portugais, Saramago pose la question de la liberté et de la révolte.

La vie du Christ racontée par lui-même, lui qui ne voulait pas être le fils de ce Dieu sanguinaire et égoïste qui, pour sauver son propre fils, n'a pas hésité à ordonner le secret à Joseph sur le massacre des innocents par le roi Hérode.

 

Hérode a fait égorger tous les nouveaux-nés mâles mais Joseph, averti par un ange, a eu le temps de se sauver en Egypte avec Marie et l'enfant Jésus.

Le roman de José Saramago est le reflet d'une évidence. Le Christ n'a pas choisi son destin. Il lui a été imposé par son père, pour mener à bien le projet qu'il avait élaboré, étendre sa domination sur une grande partie de l'humanité.

Le Christ côtoie Marie Madeleine avec qui il a une relation amoureuse mais aussi le diable auprès de qui il fait son apprentissage.

Mais dans ce roman, la rôle des uns et des autres n'est pas toujours celui que nous imaginons.

Et Saramago pose la question sur notre marge de liberté et de décision, en faisant de Jésus le fils de Dieu qu'il ne voulait pas être, devenu la victime du pouvoir absolu de Dieu contre lequel aucune rébellion n'est possible.

S'il avait vécu il y a deux ou trois siècles, José Saramago aurait certainement eu l'honneur des flammes des bûchers de l'inquisition. Au XXème siècle, il a été excommunié par le pape mais a eu droit aussi non seulement à une levée de boucliers de l'opinion bien pensante portugaise comme au boycott pour les prix littéraires et cela même de la part de membres du gouvernement portugais.

Meurtri par cet épisode, il est parti vivre en Espagne avec sa compagne où il réside toujours. 

L'année dernière, à 85 ans, il a lancé un blog "O caderno de José Saramago", fait assez rare pour un écrivain. Le site est en portugais mais il existe aussi une version en espagnol.

Nous reviendrons longuement sur cet écrivain hors du commun dans un prochain billet. 

Repost 0
Published by Ti Zé - dans Littérature
commenter cet article

Présentation

  • : Portugal a Bordeaux
  • Portugal a Bordeaux
  • : Blog d'information sur les portugais de Bordeaux et sur le Portugal. Activités de la communauté portugaise, associations, restaurants, commerces de produits portugais et plein d'autres choses à découvrir.
  • Contact

Recherche

Liens